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Andromaque

Après Britannicus à la Comédie Française et Iphigénie aux Ateliers Berthiers/Théâtre de l’Odéon, Stéphane Braunschweig met en scène pour la troisième fois Racine avec Andromaque, chez lui, au Théâtre de l’Odéon.

Une fois encore la pièce résonne avec l’époque. Avec Iphigénie montée en 2020 en plein Covid, le monde était à l'arrêt sur le plateau comme dans nos vies. Avec Andromaque, qui nous plonge un an après la fin de la guerre de Troie, Braunschweig nous confronte aux traumatismes engendrés par dix années de combats entre grecs et troyens. Sur un plateau totalement dépouillé, une immense mare de sang hypnotise. Le regard est happé par la surface lisse sur laquelle les comédiens évoluent. Cette arène, qui prend à certains moments la forme d’un tourbillon caridien, attire les corps englués dans la folie provoquée par la guerre et la passion amoureuse. Car s’il est bien question d’amours contrariés ; Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque qui aime toujours son défunt mari, le troyen Hector, ces relations sont minées par la guerre qui vient tout juste de s'achever.

Alexandre Pallu en Pyrrhus et Pierric Plathier en Oreste incarnent à merveille la tension entre action politique et passion dévorante qui accouche d’une violence brute. Andromaque interprétée par Bénédicte Cerutti et Chloé Réjon en Hermione sont des femmes magnifiques et fortes, mais prises au piège d’injonctions contradictoires si puissantes, qu’elles ne peuvent en réchapper. Un grand moment de théâtre.


Andromaque de Jean Racine, mise en scène de Stéphane Braunschweig jusqu’au 22 décembre au Théâtre de l’Odéon

Andromaque © S. Gosselin


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