L'enfant unique de David Lescot
Plus que quelques jours pour découvrir aux Abbesses la dernière création de David Lescot. Sa nouvelle pièce, proche de la comédie musicale et du slam, explore les relations d’un père et d’une mère avec leur enfant de la naissance à l’adolescence.
Implacable mais tellement drôle !
On connaît l’intérêt de David Lescot pour l’enfance à travers notamment sa trilogie pour la jeunesse, J’ai trop peur, J’ai trop d’amis (2021) et Je suis trop vert (2024). L’auteur, metteur en scène et acteur, a en effet un talent particulier pour rendre compte de cette période de la vie notamment grâce à un phrasé musical singulier jouant sur la rythmique des mots. Cette langue à lui, développée dans ses spectacles précédents, David Lescot a voulu l’étendre en créant une partition complète pour L’enfant unique.
« Le temps, metteur en scène de nos vies »
La première scène s’ouvre ainsi sur la troupe composée de sept comédiens qui, à la manière d’un chœur antique, psalmodie sur le temps qui passe. Car comme ce prologue nous le signale, le temps est un des protagonistes de l’histoire.
Au centre, on va donc suivre un trio familial sur une douzaine d'années. Il est incarné pour les parents par les formidables Ludmilla Dabo et Antoine Sarrazin. Leur fille, prénommée Myrto dans la pièce, est jouée quant à elle par la fabuleuse Sarah Brannens. Impossible de penser que l’actrice est née il y a trente-trois ans tant on croit à sa performance aussi bien en bébé, fillette ou jeune ado. La voir évoluer grâce à un détail de jeu ou une gestuelle modifiée est tout simplement prodigieux. D’autant qu’en plus d’être une comédienne polymorphe, elle excelle au piano où on la voit s’installer plusieurs fois. Enfin, autour de ces trois-là, gravitent les quatre autres comédiens qui incarnent tous les autres personnages de la pièce.
Une peinture de l’enfance et de l’adolescence
Dans un décor épuré avec seulement quelques éléments mobiles qui permettent d’être déplacées ou utilisées rapidement, les différentes époques sont suggérées subtilement par un costume, un accessoire et le talent des comédiens. La peinture des joies et des peines de l’enfance est rendue avec grâce mais aussi avec beaucoup d’humour. On se souvient encore de la crise de nerfs du petit Théobald, véritable moment d’anthologie ou de la danse des parents d’élèves. La deuxième partie, même si elle est plus sombre avec le divorce des parents et le mal être adolescent, réussit aussi à garder une part comique. On rit donc beaucoup dans ce spectacle car au final David Lescot sait prendre les histoires d’enfant très au sérieux.
Et il le fait avec beaucoup de talent. Pour le plus grand bonheur des spectateurs.
L’enfant unique
Compagnie du Kaïros
Texte, composition musicale et mise en scène David Lescot
Avec Ludmilla Dabo, Antoine Sarrazin,
Sarah Brannens, Pauline Collin, Mirabelle Kalfon,
Yannick Morzelle, David Lescot
Scénographie Alwyne de Dardel
assistée de Inès Mota
Lumières Juliette Besançon
Costumes Mariane Delayre
Régie générale Olivier Delachavonnery
Son Damien Helary, Alexandre Borgia




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