top of page

Festival d'Avignon : Notre humble avis

  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Avec ce nouveau spectacle, l’auteur, comédien et metteur en scène Igor Mendjisky revient à sa passion pour le masque. Plus de quinze ans après le succès de Masques et Nez créé en 2011, il imagine cette fois-ci une émission de radio amateur dédiée à la critique culturelle. 

Corrosif, drôle et interactif, ce dernier opus mérite vraiment le détour. A retrouver en soirée au Train Bleu durant toute la durée du festival d'Avignon. 

 

Alignés face au public derrière leur table et un micro, cinq acteurs masqués attendent que le public s’installe. Encouragés par leur professeur de théâtre  – Igor Mendjisky – dans son propre rôle, ils s’apprêtent à enregistrer leur première émission de radio. C’est depuis Saint-Quentin-la-Poterie, que nos critiques en herbe, très différents de par leur âge et leur milieu social, vont devoir donner leur avis sur les ondes de Radio Complice. Il y a donc David, l’animateur retraité et ancien chercheur en physique, Nadine, une galeriste reconvertie, Hugues, le réparateur de vélos et Jacquot un restaurateur à l’accent du Sud. Enfin, la benjamine, Joséphine, est l’ado rebelle – elle a mis le feu à son lycée – et se révèlera la plus fine de la petite bande.  

            

Avec ces personnages stéréotypés, les avis les plus divergents apparaissent sur les œuvres retenues. Loin des codes étudiés et convenus du Masque et la Plume – la référence en la matière – les personnalités attachantes et les obsessions de chacun se dévoilent quand il s’agit de se prononcer sur Madame Bovary ou sur le Pop Art. Hugues juge sévèrement Emma car lui-même souffre de son célibat subi, tandis que Jeannot trouve injuste le procès fait à Flaubert. Lui-même a terriblement souffert d’un avis négatif sur son restaurant dans le Routard. Le spectacle fait peu à peu prendre conscience du paradoxe de la critique : alors qu’elle se veut juste et impartiale, elle est forcément subjective, reflétant une part de vécu. Sans en avoir l’air, Igor Mendjisky interroge avec humour et finesse les postures d’une critique qui blesse souvent mortellement ceux qui sont visés. Mais la pièce n’est pas pour autant une critique de la critique. On rit surtout beaucoup, troublé par ces masques étranges et drôles qui produisent de l’émotion et mille et une libertés. Un moment hors du temps qui fait du bien. 

 

Emmanuelle Ziadé

 

à 22h30

 

Compagnie Moya Krysa

De Igor Mendjisky 

Mise en scène : Igor Mendjisky 

Avec en alternance : Sylvain Debry  Angélique Flaugère, Ophélia Kolb, Igor Mendjisky,

Quentin Raymond, Adèle Royné, Thomas Roy, Gauthier Wahl

Masques : Etienne Champion 

Scénographie : Jean-Luc Malavasi

Lumière : Mitzi Lowy


Notre humble avis © R. Offendal
Notre humble avis © R. Offendal

Commentaires


bottom of page