Freud, dernier combat
- il y a 3 jours
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Le théâtre de la Reine Blanche, fidèle à sa vocation scientifique et artistique, programme ce printemps un spectacle consacré au père de la psychanalyse. On y découvre un Sigmund Freud dans les dernières années de sa vie face à sa fille Anna. Un dialogue palpitant où l’analysé n’est pas celui qu’on croit.
On connaît beaucoup d’éléments de la vie du génie et savant viennois Sigmund Freud. Ce que l’on sait sans doute moins, c’est qu’il a été lui-même en proie au désarroi psychique et au doute à la fin de sa vie. En effet, les dernières années du père de la psychanalyse n’ont pas été des plus simples. Atteint d’un cancer de la mâchoire, assailli par les remises en cause concernant sa pratique et dévasté par la montée du nazisme, Freud est montré ici dans sa vulnérabilité d’homme.
Incarné par le comédien et metteur en scène, Hervé Dubourjal, Freud apparaît seul sur scène. Il est dans son bureau où figurent un divan et les statues antiques qu’il aimait collectionner. Dehors, la Vienne de 1934 est en proie aux persécutions antisémites et s’apprête à faire allégeance au régime hitlérien. Fumant le cigare, Freud médite en songeant à la fois à la tragédie de son pays et à celle plus intime de sa famille. La personnalité trouble de Jakob, son propre père, ne cesse de le hanter. Pour quelle raison ? Et pourquoi maintenant ? Il l’ignore. Soudain, sa fille Anna, entre. Un jeu de discussions passionnant s’installe entre eux. Après avoir été psychanalysée par son propre père, c’est elle qui le psychanalyse. Elle le questionne, le bouscule parfois, ose remettre en question certaines de ses théories.
Grâce au talent des deux comédiens, Hervé Dubourjal et Moana Ferré, la puissance d’incarnation est totale. On a l’impression de voir Freud et Anna en chair et en os. Leur jeu subtil et mordant éclaire la relation forte et complexe de Freud avec sa fille préférée. Un duo à fleuret moucheté servi par l’écriture fine et sensible d’Aude de Tocqueville et de Jean-Marie de Sinety.
Jusqu’au 3 mai 2026
Texte : Aude de Tocqueville et Jean-Marie de Sinety
Mise en scène : Hervé Dubourjal
Avec Hervé Dubourjal et Moana Ferré
Décor : Emmanuelle Verani
Lumières : Jean-Marie Prouvèze
Costumes : Sandrine Weill
Vidéo : Jean Allevato




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