Combustions - Souffleurs commandos poétiques
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Qui sont Les souffleurs commandos poétiques ? Depuis 25 ans, la troupe composée de 70 comédiens installés entre Aubervilliers et Tokyo soufflent - au sens propre comme au sens figuré - des grands textes dans des lieux hors des théâtres. Leur marque de fabrique : exercer leur art dans l’espace public et dire le texte au creux de l’oreille du public avec à l’aide de longues cannes creuses qu’ils appellent des rossignols.
Au Théâtre de l’épée de bois à la Cartoucherie, pour fêter leur 25e anniversaire, ils proposent Combustions, un hymne à l’amour au travers des correspondances d’artistes.
Combustions a pris forme dans des jardins en Ile-de-France et au cœur du Marais dans les chaudes soirées de l’été 2025, avant de s’installer au Théâtre de l’épée de bois à la Cartoucherie en mars.
Dans la pénombre - puisque le spectacle peut jouer partout où l’on peut faire l’obscurité : dans les caves, les cours, les théâtres, les impasses, les jardins… - les comédiens sont éclairés par de longues perches lumineuses ou à la bougie. Cette atmosphère nous plonge dans l’intimité secrète des artistes à travers leur correspondance amoureuse. Car ce sont des lettres d’amour d’artistes du XIXe siècle jusqu’en 2024 en Ukraine, que Les souffleurs commando poétiques ont choisi d'interpréter avec grâce. On entend les mots d’Edith Piaf à Marcel Cerdan, ceux torrides de Louise de Coligny à Apollinaire en pleine guerre 14-18. Frida Kahlo se languit de Diego Rivera : “Ma nuit me brûle d’amour. Il est quatre heures du matin. Ma nuit m’épuise…”, tandis que Virginia Woolf adresse ses derniers mots d’amour à son mari Léonard avant de mettre fin à ses jours.
Il y a de la passion, de la violence, de l’humour aussi. Les lettres sont entrecoupées de chansons qui font écho aux mots, interprétées par les six comédiens accompagnés de deux musiciens. “La boxeuse amoureuse” d’Arthur H. répond à la correspondance entre Edith Piaf et Marcel Cerdan, “J’attendrai” de Dalida à l’impatience de Frida Khalo, “Je t’obéis” des Sexy sushis aux rapports de domination entre Verlaine et Rimbaud. Avec beaucoup de poésie et d’inventivité, Les souffleurs nous emportent dans la démesure des sentiments amoureux et des êtres. Un moment incandescent.
Sybile Girault
Le 6 juin à l’espace Renaudie à Aubervilliers




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