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Tommy Milliot

Jusqu'au 10 février au Centquatre, vous pourrez découvrir deux spectacles mis en scène par Tommy Milliot ; L'arbre à sang de l’australien Angus Cerini et Qui a besoin du ciel de l’américaine Naomi Wallace

Retour sur ce metteur en scène distingué en 1996 par le Prix du jury du festival Impatience, explorateur de textes contemporains venus du monde entier.


Il aime les “vraies histoires”, les  textes redoutablement efficaces, à la manière anglo-saxonne d’un Shakespeare ou d’un Pinter et des œuvres qui ne sont pas montées en France. Il aime les fantômes, une forme d’inquiétude, d'étrangeté et “une langue vive, tranchée”. Pour s’immerger dans le monde de Thomas Milliot, rendez-vous avec les deux créations qu’il met en scène au Centquatre ces jours-ci.

Dans l’arbre à sang, une mère et ses deux filles racontent la violence d’un père et d'un mari qu’elles ont fini par tuer. Les visiteurs et voisins qui viennent aux nouvelles ne sont pas dupes. On comprend qu’ils savaient, qu’ils n’ont rien dit et qu’ils approuvent le geste des trois femmes. Un plateau nu, trois chaises, trois corps et trois voix pour faire vivre cette histoire dans sa réalité la plus triviale et donner forme, à travers les mots, à un bush australien inquiétant et peuplé d’animaux étranges et sauvages. 

Avec Qui a besoin du ciel, on plonge dans le quotidien de laissés-pour-compte. Après la fermeture d'une usine d'aluminium du Kentucky, une bande de voisins se retrouve sans emploi. Wilda cherche à décrocher de la drogue, Annette a perdu la garde de sa fille, mais tous tentent de résister. Tommy Milliot met au cœur de sa mise en scène la langue de Wallace à la fois concrète et poétique. C’est elle le personnage principal. Elle se déploie entre noirceur et grotesque, servie par des comédiens magnifiques, véritables héros shakespeariens. Là encore, aucun effet psychologisant, un décor nu formé de murs ocres qui encadrent le plateau et surtout la lumière, sourde, qui découpe les silhouettes. Dans une atmosphère entre chien et loup, les personnages, happés par l’ombre, convoquent leurs détresse et leurs espoirs, dialoguent aussi avec leurs disparus. Tommy Milliot, tel un magicien, réussit à bousculer nos sens et à déplacer le réel : du grand art. 


L'arbre à sang d’Angus Cerini et Qui a besoin du ciel de Naomi Wallace au Centquatre jusqu'au 10 février



Tommy Milliot © A. Fonteray


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