La mégère apprivoisée de William Shakespeare

Dernière mise à jour : 7 nov.


La mégère apprivoisée © Marion Duhamel

Le décor de place de village, de linge accroché aux façades blanches et de bancs qui attendent le public d’un cinéma ambulant, nous plonge dans l’Italie des années 50. Une Italie entre glamour et tradition, où les femmes restent d’abord des mères et des épouses. On a aimé ce parti-pris qui rafraîchit la pièce de Shakespeare sans la trahir. L’auteur, qui aimait l’Italie et a fait de Padoue la ville de sa mégère, aurait probablement apprécié. Sur l’écran noir et blanc, comme sur scène, Catarina la mégère, verbe haut et regard buté, fait claquer son caractère volcanique contre les hommes et les hypocrites. Car, à l’inverse de sa sœur Bianca, douce et jolie, Catarina est en colère contre l’autorité patriarcale et ceux qui s'intéressent plus à sa dot qu'à sa personne. Le texte de Shakespeare, qui s’adapte parfaitement à cette atmosphère de Dolce Vita, est remarquablement servi par la mise en scène de Frédérique Lazarini et ses acteurs vifs et exubérants. Soudain, Catarina devient douce comme un agneau quand son mari Petruchio prend les rênes du ménage et se transforme à son tour en tyran domestique. Mais est-ce la réalité de ce couple ou plutôt un jeu amoureux ? Certes la chute shakespearienne nous laisse sur une Catarina qui rentre dans le rang, mais la pièce nous offre aussi la voix d’une femme qui ose se rebeller et exprimer sa différence. Un spectacle joyeux et pétillant.




Actuellement à l’Artistic Théâtre



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