J'espère que nos enfants iront mieux que nous
Sa première pièce C’est pas facile d’être heureux quand on va mal, explorait le quotidien de cinq trentenaires désenchantés. Dans J’espère que nos enfants iront mieux que nous, les personnages de Rudy Milstein se confrontent à la parentalité et y projettent leurs désirs et leurs névroses. Jubilatoire et grinçant.
Après de nombreuses années à tenter d’avoir un enfant, Marie tombe enfin enceinte. Afin de s’assurer de la bonne santé de son nouveau-né, elle demande un bilan génétique qui lui apprend qu’il est porteur d’une maladie incurable. Alors qu’Anne, sa meilleure amie, accouche dans la même clinique de son troisième enfant, Marie décide d'intervertir les nourrissons.
Peut-on choisir son enfant ?
C’est à partir de ce ressort dramatique radical que Rudy Milstein remonte le fil des années qui ont précédé cet événement. Du côté de Marie, les fausses couches, les FIV et leurs conséquences sur le couple, les espoirs et les déceptions. Du côté d’Anne, une maternité épuisante et les injonctions à être une mère parfaite.
À l’heure où nous cherchons à contrôler toujours davantage nos vies, jusqu’où peut aller notre désir de maîtriser ce que sera notre enfant ? Peut-on ne pas aimer son enfant ? Comment continuer à mener une vie de couple épanouie alors que la parentalité bouscule l'équilibre amoureux ? Milstein pose ces questions vertigineuses sans jamais les édulcorer. Il y répond sans filtre, avec une violence mordante et un humour décapant, pousse la bienséance dans ses retranchements et fait voler en éclats les conventions qui voudraient qu’on ne puisse pas tout se dire.
C’est là toute sa force : nous faire rire de situations qui, au fond, ne prêtent pas à rire. Les quatre comédiens servent cette mécanique avec justesse. Ariane Mourier, dans le rôle de Marie et Nicolas Lumbreras, son conjoint, font passer dans leurs corps les bouleversements psychologiques de leurs personnages. Plus détachés, comme écrasés par leur condition de parents dépassés, Anne Marivin et Erwan Téréné composent un contrepoint, plus sec et désabusé.
Rudy Milstein nous fait rire de nos contradictions sans nous épargner et signe une pièce réjouissante. Rire de la maternité, du couple et de nos rêves de perfection : un excellent programme de rentrée !
J'espère que nous enfants iront mieux que nous
Mise en scène Rudy Milstein
Assistante Mise en scène : Louise Danel
Avec Anne Marivin
Ariane Mourier
Nicolas Lumbreras
Erwan Téréné
Maeva Pinto Lopes
En alternance Antoine Sibelle et Amitaï Levy




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