Boilly. Chroniques parisiennes


Louis-Léopold Boilly, le spectacle ambulant de Polichinelle, 1832. Wiltshire, The Ramsbury Manor Foundation © The Ramsbury Manor Foundation

Très belle découverte que ce Louis-Léopold Boilly (1761-1845), dont 130 œuvres sont présentées dans le merveilleux écrin XVIIIème des Cognacq-Jay, fondateurs de La Samaritaine. Chroniqueur plein d’humour d’un Paris post-révolutionnaire bouillonnant, il aime peindre les foules où se mêlent bourgeois élégants, soldats ou petites gens. Distribution de vin lors d’une fête en l’honneur du roi, spectacle de Guignol, arrivée d’une messagerie : ces événements quotidiens mettent en valeur la précision de son trait, son talent de coloriste et son art du détail. Ici, dans une scène de carnaval, un chien porte un masque accroché à sa queue, là, à l’arrivée de la diligence, une nourrice chargée d’un nouveau-né joufflu, mouche une jeune enfant. Boilly nous dévoile un Paris balzacien vivant et bigarré, qu’on imagine bruyant et poussiéreux. C’est aussi un excellent caricaturiste comme le révèle ses séries de grimaces expressives, et un maître du trompe-l’œil, technique forte appréciée par le public de l’époque. Enfin, à l’image de son contemporain Fragonard, il pénètre les boudoirs pour y saisir des scènes libertines. Là encore, il convoque le théâtre et l’art de la mise en scène avec maestria. A ne pas manquer !



Jusqu’au 26 juin au Musée Cognacq-Jay

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