top of page

Festival d'Avignon : Pépée, une histoire sans chute

  • 14 juil.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 juil.

Au théâtre des Doms, repère d’une création théâtrale belge florissante, la liégeoise Josépha Sini, épaulée par Laurène Hurst, rend hommage à sa mère disparue, surnommée Pépée. Cash et sans filtre, la comédienne lève tous les tabous sur son ogresse de mère, peu douée pour prendre soin de sa fille mais championne du levé de coude. Un spectacle drôle et poignant qui révèle le talent exceptionnel de Josépha Sini. Un grand coup de cœur du festival d’Avignon 2026 et un nom à retenir.


Le plateau est nu. Pour seul décor, une paire de hautes santiags rouges scintillent dans la pénombre. Josépha Sini déboule sur scène en baskets et combinaison noire, fine silhouette aux yeux clairs et à la chevelure de lionne. D’entrée, elle pousse les curseurs et se lance dans une comptine scatologique que sa maman lui chantait enfant, pour qu’elle s’endorme. Non seulement elle ne s’endormait pas mais la comptine avait pour effet de la faire mourir de rire. Le ton est donné, le thème aussi : la mère, le rire d’abord et toujours et l’absurdité de la vie. 

L’histoire que Josépha raconte, c’est celle d’une petite fille, elle-même, dont la maman arrive ivremorte à l’école, qui la laisse avec des poux durant six années car il est hors de question de toucher à ses beaux cheveux et qui a trois sujets d’intérêt dans la vie :  la mythologie grecque, le conflit israelo-palestinien et l’holocauste. Une mère qu’on qualifierait de défaillante. Car des failles, il y en a chez Pépée et Josépha s’y engouffre sans concession avec un talent d’imitatrice hors pair qui n’abime pourtant jamais sa mère. 


Pépée, c’est Boris Vian plongé dans du vin blanc 


Pépée ne fait rien comme les autres, “elle revendiquait son droit à l’incohérence” dit Josépha. “Avec elle (...) il faut s’adapter, se démerder, attendre, observer, agir, il faut oser, il faut rire, avec elle, il faut rire”.

Et plus les situations sont absurdes et plus Josépha est tendre. Car avoir une mère comme Pépée, c’est apprendre à décaler son regard sur les êtres comme sur les événements de la vie. Et puis Pépée, c’était aussi une avocate redoutable du barreau de Liège qui venait plaider, chaussée de santiags rouges. Reconnue par toute la profession, on la craint autant qu'on l’admire. 

L’écriture de Josépha Sini et Laurène Hurst explore avec subtilité cette ambivalence. Femme flambloyante et enfermée dans son addiction, mère incapable de prendre soin de sa fille mais qui la fait grandir, qui l’élève au sens propre, Pépée reste une énigme. Une énigme qui continue à vivre au travers de sa fille. Une histoire sans chute, une histoire d’amour.


Sybile Girault


Jusqu'au 25 juillet au Théâtre des Doms A 14h30 Relâche le 22 juillet


Écriture : Josépha Sini et Laurène Hurst

Interprète : Josépha Sini

Mise en scène : Laurène Hurst

Regard extérieur : Axel De Booseré

Lumières et régie : Jean-Louis Bonmariage


Josépha Sini dans Pépée © Piemme-AML x Spa Royal Festival
Josépha Sini dans Pépée © Piemme-AML x Spa Royal Festival

Commentaires


bottom of page